PLF 2018 : l’État reste engagé dans le financement des conservatoires (mais toujours sous conditions)

01/10/2017

Françoise Nyssen a présenté à la presse le budget de la culture mercredi dernier, juste après la discussion en Conseil des ministres du projet de loi de finances (PLF) 2018.

Décrit par la ministre comme un « budget de transformation », l’objectif est de donner « un nouvel élan » à la politique culturelle et de s’adresser tout particulièrement à la jeunesse.

« La culture doit être au cœur du nouveau modèle de l’école de la confiance que le Gouvernement souhaite bâtir ».

« L’objectif est que 100 % des enfants aient accès aux trois dimensions que sont la pratique artistique, la fréquentation des œuvres et la rencontre avec les artistes, et l’acquisition de connaissances dans le domaine des arts et de la culture. La pratique artistique en particulier demeure aujourd’hui inégale. C’est pourquoi le chant, la pratique orchestrale et le théâtre vont faire l’objet d’un développement volontariste. L’éducation à l’image et aux médias ainsi que la formation du regard constitueront aussi un élément essentiel de l’action en direction des plus jeunes ».

Plus précisément, une enveloppe globale à hauteur de 200 millions d’euros (dont une hausse de 35 millions d’euros pour l’EAC) et englobant 5 millions d’euros pour le lancement du Pass Culture est inscrite au budget 2018.

Les conservatoires sont mentionnés dans le cadre du projet « Une chorale dans chaque école et chaque établissement scolaire ». Ainsi peut-on lire que :

« Dans le prolongement de la « rentrée en musique », et en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale, une chorale sera progressivement mise en place dans chaque établissement scolaire et les partenariats entre établissements scolaires, conservatoires et associations de pratiques orchestrales seront développés. A cette fin, les moyens alloués aux conservatoires territoriaux en 2018 seront renforcés de 3 M€, portant le soutien de l’État à 20 M€. »

Rappelons qu’entre 2012 et 2015, les crédits du budget de l’État consacrés aux conservatoires dans leur ensemble sont passés de 27 millions d’euros annuels à moins de 6 millions d’euros (soit – 80 % en trois ans) ! Seuls les conservatoires à rayonnement régional adossés à un pôle d’enseignement supérieur (soit 9 conservatoires en plus des conservatoires nationaux de Paris et de Lyon) avaient alors pu conserver un financement de l’État.

Voir billet du 3 décembre 2015 pour plus d’info.

Confrontée à la très forte mobilisation des élus et des professionnels du secteur et reconnaissant son erreur, la ministre de la Culture de l’époque1 avait présenté en urgence dans le cadre du projet de loi de finances 2016 un « Plan conservatoires » doté de 13,5 millions d’euros. Ce financement a été reconduit et développé en 2017 et le PLF 2018 vient confirmer cette tendance vertueuse.

Il faut cependant souligner que ce réengagement dépend depuis 2016 de critères d’intervention dont la liste a été élaborée en concertation avec les élus locaux, dans le cadre du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC). Contrairement à ce qui existait jusqu’en 2015, ces crédits ne sont plus conçus comme des dotations destinées à permettre aux CRR et CRD d’exercer leurs missions2 : ils ont vocation à soutenir les établissements d’enseignement artistique qui mettent en œuvre une politique d’ouverture à tous les jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que le bénéfice des crédits, jusqu’ici réservé aux seuls CRR et CRD, a pu être élargi aux conservatoires à rayonnement communaux et intercommunaux (CRC/CRI) dès 2016.

Aussi, plutôt qu’un retour à la situation d’avant 2013, c’est bien d’un redéploiement de crédits au profit de l’éducation artistique et culturelle dans son ensemble dont il s’agit aujourd’hui. La « feuille de route » signée par le Premier ministre qu’a présenté Françoise Nyssen le 27 septembre vient confirmer cet état de fait :

Les parcours d’éducation artistique et culturelle seront organisés autour de six axes principaux, conformément à  :
La pratique artistique (46 M€) à l’école et hors de l’école (en partenariat avec les conservatoires territoriaux qui devraient voir leurs moyens renforcés pour favoriser l’accès de tous à la pratique musicale) ;
– Le livre et la lecture (18 M€) ;
– L’éducation à l’image, aux médias et à l’information (12,5 M€) ;
– La formation des acteurs de l’2ducation artistique et culturelle (13 M€) ;
– Les partenariats avec les collectivités territoriales (19,5 M€) ;
– Les opérations relatives au lancement du Pass Culture (5 M€).

Nicolas STROESSER

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  1. Fleur Pellerin
  2. Comme s’était le cas dans le cadre de l’action 3 du programme 224 « Soutien aux établissements d’enseignement spécialisé »

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