Pont ou pas pont ?

La question du pont de l’Ascension a toujours été un véritable casse-tête, tant du côté de l’Éducation nationale (EN) que des établissements d’enseignement publics ou privés de la danse, de la musique et du théâtre, sans parler des autres équipements de loisirs extra-scolaires.

Un avant et un après

Jusqu’à l’année scolaire 2015/16, il existait un système disparate entre les différentes académies, avec celle qui faisaient le pont — la majorité — et celles qui ne le faisaient pas. A noter que ce pont était alors obligatoirement récupéré, le plus souvent, sur deux mercredis après-midi répartis dans l’année scolaire, avec pour conséquence pour les conservatoires une double peine. En effet, les élèves étant scolarisés durant ces deux demi-journées de récupération, ils ne venaient pas, pour la plupart d’entre eux, aux activités du conservatoire et, du fait du pont ainsi octroyé, ils ne venaient pas non plus (quoique de façon moins majoritaire) aux cours des vendredi et samedi.

À partir de 2016/17, ce pont de l’Ascension a été intégré au calendrier général de l’EN et il ne fait donc plus l’objet d’une récupération. Ces journées non travaillées (vaquées pour reprendre le terme employé) font donc désormais partie intégrante du calendrier général de l’EN pour respecter l’obligation légale de 36 semaines travaillées1.

La question des congés scolaires

Il ne s’agit donc pas de jours de congé supplémentaires ! Cette compensation se traduit par un allongement de l’année scolaire qui, pour mémoire, intègrera également le passage à 15 jours (en 2012) des congés de la Toussaint :

– 2010/2011 : fin des cours le 2 juillet
– 2011/2012 ; fin de cours le  5 juillet
– 2015/2016 : fin des cours le 5 juillet
– 2016/2017 : fin des cours le 8 juillet
– 2017/2018 : fin des cours le 7 juillet
– 2018/2019 : fin des cours le 6 juillet

Cela étant posé, cette question du Pont de l’Ascension soulève une nouvelle fois la problématique (non tranchée à ce jour) des congés scolaires pour les enseignants des conservatoires qui relèvent statutairement de la FPT et ne peuvent se prévaloir de la FPE. Un contentieux en cours (Roncq) permettra peut-être d’y voir plus clair, à terme…

Quid de 2019/2020 ?

Une dernière précision quant au prochain calendrier (qui intégrera bien deux jours vaqués  les vendredi 22 et samedi 23 mai 2020) : alors que les calendriers scolaires sont généralement votés pour trois ans, celui de 2019-2020 ne vaudra que pour cette année scolaire-là. Sans doute parce que le ministère veut réfléchir à une autre organisation des temps scolaires pour 2020. Ce qui serait logique avec la réforme du bac qui verra le jour en 2021 …à moins que tout cela ne soit la traduction d’une volonté d’allongement progressif de l’année scolaire qui pourrait aller jusqu’à 40 semaines aux dires du ministre actuel ?


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  1. Pour être tout à fait précis, les vendredi et samedi matins suivant le jeudi de l’Ascension ne seront pas travaillées en 2017-2018. En effet, cette année-là comprenant déjà deux jours fériés au cours de la même semaine (mardi 8 mai et jeudi 10 mai pour l’ascension), l’Éducation nationale n’a pas intégré de jours vaqués supplémentaires.

2 commentaires

Ces « 2 jours vaqués » ne figurent pas dans les premières pages de mon agenda comme étant des cours de « vacances ». Oui on y perd un peu son latin !

Je ne comprends pas le contentieux Roncq. Les 3 arrêts du 21  juille t 2017 de la cour administrative d’appel de Nantes ne font ils pas loi?

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